Dans la série des experts autoproclamés, Laurent m’a envoyée sur le site de l’expert auto-​​proclamé de la longue traine, et j’ai découvert un article qui expliquait que je suis une arnaqueuse, puisque je fais partie de ces gens qui se permettent de facturer une installation de WordPress 600 € 1.000 €, alors que c’est bien connu, il suffit de cinq minutes pour le faire tellement c’est simple et rapide ! (Rah, là, là, Matt si tu savais ce qu’on peut t’en vouloir parfois…)

… d’ailleurs, si ça prenait vraiment 5 minutes, ce sont ceux qui facturent 50 ou 100 € qui seraient les vrais escrocs, car on arriverait alors au taux horaire de 600 à 1.200 € de l’heure, disons que c’est un peu élevé, en tout cas !

Donc voilà tout ce que je fais pour 600 € 1.000 € (Eh oui, en trois ans le SEO a beaucoup évolué, ma prestation aussi…)

Je discute avec le client

Pas pour le plaisir de parler de la pluie et du beau temps, mais pour savoir un peu sur quoi il va bloguer, si il va mettre beaucoup d’images, de vidéos, des galeries, si il a besoin de protéger certains posts, si il veut mettre une newsletter… et pour essayer de percevoir son réel niveau, en tant qu’utilisateur, pour lui choisir des plugins à la fois adaptés à ses besoins et à ses capacités.

Je me renseigne aussi pour savoir si il a déjà un compte Google (pour Analytics et Webmaster Tools), et quel est son hébergeur, pour l’installation.

Selon les clients, entre dix minutes et une heure… sachant que j’ai depuis longtemps abandonné l’idée de leur faire créer un deuxième user FTP ou leur base de données eux mêmes… je prend ce qu’ils me donnent comme accès, et je les préviens qu’il faudra changer les mots de passe (et parfois j’explique comment).

Je monte le blog

Je travaille en local, ce qui évite dans un premier temps les problèmes de téléchargement. J’ai soumis trois ou quatre thèmes, parmi lesquels le client a choisi, ou bien, si il en avait déjà un en tête, je le prends.

Il y a souvent quelques petites modifications graphiques, comme le logo. C’est « simple dans WordPress », c’est parfois difficile de simplement récupérer un logo exploitable. J’ai tout eu, y compris les scans de travers et à la mauvaise résolution. Quand ça ne va pas bien, on va rajouter entre une demi heure et une heure de « MacGyver graphiste ».

Je créé les deux users de base, l’admin et l’éditeur. Ah les mails…. tiens au fait, il a ses mails standards mon client ?

Je fais donc un détour par la console d’admin de son hébergement, pour lui créer webmaster, contact, postmaster et info, si cela n’a pas été fait, avec les bonnes redirections. Ce n’est pas à strictement parler de l’installation de WordPress, ça fait tout simplement partie de la checklist de base de mise en production d’un site, de n’importe quel site.

J’optimise le thème

Un certain nombre de petits détails (liens footer, liens auteur, sidebar, structure de titres) pour avoir un blog vraiment optimisé. [Edit 2015 : c’est une des choses où ma prestation a le plus évolué, les thèmes sont de plus en plus lourds à modifier, et l’optimisation est plus complète]

En fonction du thème, je paramètre les médias (ça je vous en parlerai plus longuement dans un autre post).

Je configure les plugins

Antispam Bee, il faut des clés d’API, donc aller sur le site et les créer.

WordPress SEO, il « faudrait » des clés de contrôle Google et Bing Webmaster Tools, mais comme je n’aime pas trop « montrer » ça, je préfère la méthode du fichier d’authentification. C’est quand même à ce moment là que je vais créer les comptes et déclarer le site, l’authentification se fera après. Par contre, il faut paramétrer les différents titles et descriptions « automatiques » de façon à ne pas trop bourinner, en fonction de ce qu’on a vu avec le client lors du premier entretien. C’est l’exemple même du plugin qu’on utilise tout le temps mais qu’on ne configure pas en trente secondes.

Un autre plugin que j’utilise systématiquement (et qui est payant, donc la licence diminue mes 1.000 € d’arnaqueuse), c’est Gravity Forms. Là aussi, même si il est « rapide », il faut faire l’achat, rentrer la clé de licence, et créer le formulaire. (L’avantage, en revanche, c’est que même si le client perd ses mails, Gravity Forms conserve tout en base de données).

Je configure aussi un TinyMCE, avec les boutons en fonction de ce que souhaite faire le client.

Je fais les liens avec les media sociaux, il me faut donc au choix :

  • expliquer au client comment faire pour retrouver ses clés d’Api ou autre pour Facebook
  • récupérer ses identifiants pour le faire à sa place, et lui redire de changer ses mots de passe

La deuxième solution, la plus fréquente, n’est pas toujours simple : ça ne vous est jamais arrivé que Facebook soit « surpris » que vous vous connectiez à partir d’une autre IP que d’habitude, et vous demande de confirmer le compte ?

Je rajoute quelques pings à Pingomatic, aussi.

Je mets en place un système de sauvegarde, qui dépendra du client : par mail, sur le serveur, ou sur dropbox.

[Edit 2015 : la création des profils sociaux est nettement plus lourde maintenant, avec les vérifications imposées sur les comptes]

Je fais un premier contenu

Même si ce sont des choses assez standard, les pages de mentions légales, contact, accès (lié à un Google Maps) doivent néanmoins être mises à la sauce de chaque blog.

Je personnalise le .htaccess et je vérifie le serveur

Le .htaccess ce n’est pas « que » WordPress. Il dépend des hébergeurs (par exemple, il faut supprimer les session id chez OVH, alors que c’est inutile chez 1&1).

Je vérifie les chmods, qu’il n’y a pas de répertoire dont on peut lister le contenu, la gestion du nom de domaine avec et sans www.

Si le client a déjà tenté d’installer son blog, je fais le ménage dans les résidus des premières installations.

Je mets le blog en ligne

Le transfert des contenus et de la base de données est assez rapide, normalement. Le blog est en ligne. Il est temps de l’authentifier auprès de Google et de Bing, déclarer les sites, monter les sitemaps, mettre en place Analytics.

J’explique au client comment s’en servir

Parce que quelqu’un qui a besoin qu’on lui installe un blog, généralement au aussi besoin qu’on lui explique … pourquoi son image {ne se charge pas | ne s’affiche pas | déborde du cadre | s’ouvre toute seule dans une fenêtre blanche } ou  » ça veut dire quoi {mise à jour |mode maintenance | cannot sent headers }… il y a donc dans les 600 € 1.000 € quelques heures de conseil, qui sont toujours largement utilisées

Alors évidemment, je ne facture pas 10 € de l’heure. Évidemment, je sais que pour faire de l’installation de masse, sans aucun paramétrage, sans aucun plugin ou presque, 600 € 1.000 € c’est trop cher. Mais les gens qui peuvent s’en sortir vraiment avec une installation de base en quelques clics sont justement ceux qui n’ont pas besoin qu’on la fasse pour eux.

Tout ça pour dire qu’avant de lâcher « Wah, payer plus de 25 € pour un WordPress c’est de l’arnaque », il faut avoir le cerveau pour réfléchir à ce qui est facturé.

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