Ou devrais-je dire YaSSmine ? Comment comprendre sinon ce nom de domaine étrange, ce yass-b.com ? Tellement étrange que le « journaliste » qui parle du lancement du site sur Pure People [mauvaises langues, rien de ce qui est le web ne m’est étranger] se trompe, et enlève très logiquement un « S » pour parler de yas-b.com ?
Et qu’il ma fallu chercher quelques photos via Google pour trouver le site original ?

Le choix du nom de domaine : la marque et la simplicité

Le modeste Yas(s)-B rappelle étrangement Agnès B. tout en assurant un faux anonymat à la blogueuse. On reste pourtant dans la logique d’un blog people / fashion, car yass-b.com est totalement centré autour de Yasmine Besson-Tordjman, comme c’est la règle dans l’exercice.

Néanmoins, la marque Yass-B (le logo, si girly, ne laisse aucune équivoque) n’est pas un choix évident. Surtout en capitalisant sur le nom de Yasmine, tout le monde francophone va avoir tendance à écrire le nom de domaine, spontanément, avec un seul S. Alors pourquoi compliquer les choses ? Peut-être parce que c’est le surnom que lui donnent ses copines ?

Ambitions anglo-saxonnes ?

Ou bien, peut-être, le problème vient-il de la signification de YASB en anglais. On trouve au moins deux explications différentes, aussi négatives l’une que l’autre.

Or la présence d’un plugin de traduction indique clairement une volonté de faire un site multilingue.

La première « Tu as tellement de chance » en réponse – ironique – à quelqu’un qui se grandit exagérément. La seconde, encore pire « You’re a stupid Bitch » (que je traduirais par « non mais tu fais ta Nabilla » pour rester dans le people).

La troisième, quant à elle, dans le domaine de l’informatique « Yet Another Symfony Blog », est neutre.

La véritable question est : si un jour Yasmine Besson-Tordjmann devait exploiter sa marque dans l’univers anglo-saxon, le « S » supplémentaire serait-il suffisant pour la débarrasser de sa connotation négative ?

NB : la vie n’est pas simple…. quand ce n’est pas son nom de domaine qu’on écorche, c’est son nom de famille, que la presse tunisienne en ligne a plutôt tendance à orthographier Yasmine Torgemane. Mais toujours avec un seul « S » ! Cette façon d’écrire doit d’ailleurs être « la bonne » puisqu’elle correspond au compte Instagram. Mais dans les medias et sur Wikipedia, c’est Tordjman !

Comment gérer ça ?

Normalement, un bon communiquant prévoit ce genre de problèmes, et achète les différentes versions de son nom de domaine. yasb.com et yassb.com étaient déjà pris, mais en parking. yas-b.com est désormais pris et redirigé.

Le site en lui-même : un WordPress hyper simple

Il est diffusé en version bêta, en tout cas c’est ce qui est marqué en haut à droite, et c’est dommage. Il est donc difficile de savoir si les nombreux bugs sont liés à la version bêta. Je ne vais donc pas chipoter sur les feuilles de styles exagérément lourdes et pas nettoyées des styles inutiles, la coexistence de plusieurs scripts de galeries, alors que la lightbox ne fonctionne pas… version bêta, on vous dit !

En revanche, plusieurs choses sont déjà visibles, indexées par Google, et montrent qu’au moins deux aspects importants ont été négligés. Mon Uni’Vert, l’agence qui s’est occupée du site semble avoir une expertise réelle dans le mobile et être issue de l’environnement web. Elle propose des

sites « fait main » développés de zéro pour répondre exactement aux besoins de votre projet.

Rien que le fait d’avoir un site « one page » et les mots des titres coupés par des tirets pour la beauté de la typographie prouve que l’optimisation SEO et « Mon Uni’Vert » sont dans deux univers différents [pardon, trop facile].

En tout cas, dans ce cas précis, c’est un thème premium de ThemeForest qui a été utilisé.

De plus, la solution choisie pour la version multilingue est la pire qui soit.

Absence totale d’optimisation SEO, donc

Structure sémantique mauvaise

Pas de H1 sur la page d’accueil, des h4 vides qui semblent servir à la mise en page (héritage d’un thème qu’on a charcuté à la va-vite)

<h4 class="red-title-ultra"></h4>

Mais qui permet, avec un petit peu de recherche, de retrouver le thème de base utilisé : http://demo.touchsize.com/tempest/

(Note à soi-même et à l’agence : quand on ne respecte pas les mentions de copyright de ThemeForest en dissimulant le nom de l’auteur dans la feuille de style, autant faire en sorte que le thème de base ne soit pas trouvable en une recherche Google… ce qui passe par la suppression de tout le marquage vide, indicateur clair d’une « correction »)

Comme d’habitude, dans les thèmes WordPress mal optimisés, les sidebar et autres éléments répétitifs portent des titres, allant jusqu’au niveau H2. Sur la page d’article seul, si le titre de l’article est bien en H1, les « related posts » sont en H2, alors qu’il n’y a que le titre, même pas un extrait. On a donc une « titrite aigüe » mauvaise vis-à-vis de Google, d’autant plus que le blog de mode ne se prête pas aux textes développés…

Si les pages d’articles (single.php) sont correctement structurées, il n’y a aucun travail à l’intérieur des textes. Que cela soit sur cette page ou dans cet article ou celui-là, les « titres » sont simplement en gras ou, au mieux en H3.

Il ne faut pas passer directement du H1 au H3, d’autant plus que ce dernier ne semble même pas pris en compte par Google.

Même structure erronée sur les pages d’archives de catégorie, avec un H2 « Archive de la catégorie » et les titres d’articles en H3, et curieusement, sur les pages (page.php), alors que les articles sont corrects.

Pas d’optimisation des images

Même si chacun de ces critères est faible vis-à-vis de Google, dans le cas d’un blog principalement visuel, il faut porter une attention particulière à l’optimisation des images :

  • la taille (de ce côté là c’est bon)
  • les noms des fichiers (là c’est la cata, avec des « Chignon_1 », « Chignon_21 », etc, le _ n’a jamais été un séparateur !
  • des descriptions alternatives qui reprennent simplement les noms des fichiers, heureusement, grâce aux underscores, pas de risque de suroptimisation sur des mots clés !

Pas d’optimisation des titles et des metas

Pour une fois, Yoast n’est pas utilisé… ni a priori aucun plugin de SEO, et ça se voit !

Ceci est le title d’un article :

Yass-B.com » Le site de Yasmine Besson. Mode. Beauté. Lifestyle. » Inspiration… chignons !

30 caractères de trop, 66 caractères répétitifs sur 90, et placés en début de title.

Car, bien entendu, voici le title de la page d’accueil :

Yass-B.com » Le site de Yasmine Besson. Mode. Beauté. Lifestyle.

Quant à la meta description, faisons simple :

Le site de Yasmine Besson. Mode. Beauté. Lifestyle.

Partout…

et les balises og;description sont vides, ça va être sympa pour les partages Facebook !

La triplette du bourrin

Bien entendu, les urls ne sont absolument pas retravaillées : les stop words ne sont pas enlevés (l’hotel devient lhotel), les urls reprennent la totalité du titre de l’article, identique au H1. Rappelons qu’il existe des plugins pour les feignasses, comme Better SEO Slug, qui vous permettent au moins de supprimer automatiquement les petits mots inutiles, et de définir une longueur maximale d’url (la plus courte étant toujours la meilleure…)

L’optimisation du contenu

Enfin, le contenu des articles n’est pas travaillé dans une optique « web ». Le seul de tous les articles où j’ai trouvé des liens internes les faisait… comme des liens externes, avec des ancres « ici » ! La catégorie « les indispensables » est constituées d’articles avec une image et une ligne de texte, donc un contenu extrêmement pauvre.

Les commentaires : Disqus is evil.

Les articles ont peu de commentaires. Pour inciter à participer ? le thème donne en bas de chaque article la liste des derniers commentaires. C’est troublant, car on a l’impression qu’ils s’appliquent au texte que l’on vient de lire. Enfin, comme il a été choisi d’utiliser Disqus (que je déteste), l’ensemble des commentaires apparait dans des iframes . Les commentaires sont donc un contenu qui « appartient » à Disqus, et pas au blog.

Or vous savez bien que les commentaires sont une source de contenu particulièrement utiles !

Par ailleurs, le lien sur le profil Disqus permet de voir le nombre de commentaires placés par la personne. Ici, LzzLizzy n’a que deux commentaires en tout, tous deux faits sur le blog de Yass-B. Il y a plus discret !

Du duplicate content à foison

La reprise, en « do index » dans l’espace presse, de l’intégralité des articles publiés ailleurs fait que les seuls textes consistants, les plus volumineux du blog, sont des copies de ce qu’on trouve ailleurs. On n’est pas ici dans une problématique de « plagiat » (les crédits sont clairement indiqués) mais de qualité du contenu dans un site jeune.

Etc, etc…

Je passe sur les liens inutiles dans le header, et plein de petits détails qui auraient dûs être traités au stade d’une version bêta montrée au public.

Le mauvais plugin de traduction parmi tous : QTranslate

J’ai déjà dit tout le mal que je pensais de QTranslate, qui modifie les contenus internes de l’article, avec une gestion de la traduction par shortcode, au lieu de créer des contenus séparés, comme WPML.

Ici, les problématiques d’un site multilingue, s’adressant à des communautés linguistiques (anglophones, francophones et pas Anglais ou Français) ne sont pas prises en compte.

Beaucoup de blogueuses modes mélangent dans le même article des contenus en français et en anglais, ce qui est très mauvais vis-à-vis de Google. Ce n’est pas l’option choisie, mais :

  • l’utilisation de Disqus semble obliger à de l’anglais, alors que le thème a été traduit
  • les balises du header indiquent un contenu en français, alors que la locale Facebook est « en_US »
  • la déclaration de langue dans le html est fr-FR à partir de IE8, « en » pour toutes les versions d’IE inférieures à 8. Vous me direz que Google n’est pas sur IE, c’est vrai… en revanche pourquoi ce fr-FR qui limite le site à la France, a priori, alors que le public tunisien est sûrement visé ?

J’espère sincèrement que QTranslate est là en test, et que, finalement, WPML sera choisi.

Mais surtout, il me semble très dommage de lancer la version française à la racine du site en .com

Prévoir un yass-b.fr et un yass-b.com, ou un fr.yass-b.com aurait été une meilleure stratégie, à partir du moment ou Yasmine Besson a manifestement des ambitions anglophones (comment interpréter, sinon, que l’interview donnée à une des journalistes ait été faite à New York ?)

La question finale : un blog « mode / people », centré autour d’une personnalité, peut-il se passer de SEO ?

Car mes critiques sont centrées là dessus. Pour tout le reste, le blog est propre, aéré, responsive, les photos sont de qualité. Il y a peut-être un peu de contenu produit « à la pelle » pour le lancement, mais cela reste normal. Si je ne suis pas très fan des blogueuses modes en général, la beauté de Yasmine Besson, son aura people et ses contacts lui donnent toute légitimité dans l’exercice.

Est-ce que cela sera suffisant pour développer une véritable audience, et donc monétiser le blog de façon rentable ?

Une monétisation à deux niveaux

Des emplacements pour la publicité sont prévus. Des encarts, en l’état actuel des choses, modestes, un carré dans la sidebar, et deux banners sur l’accueil. Il y en aura à terme certainement plus, mais c’est clairement dans la norme.

L’essentiel des revenus des blogueuses mode vient d’ailleurs, essentiellement des articles invités / sponsorisés. Et là, il faut bien reconnaître que la version bêta du site fait un peu plaquette publicitaire. La catégorie des indispensables doit impérativement s’étoffer pour devenir intéressante : les articles ne sont absolument pas vendeurs (une seule phrase…)

La monétisation passe par le trafic et le pouvoir de prescription, on y reviendra.

L’acquisition du public : réseaux sociaux et SEO

En partie, il va se faire par les réseaux sociaux, les commentaires, le bouche à oreille. Nettement mois facilement maintenant qu’en 2006, parce que la concurrence est plus dure. Il faut être honnête, les « piliers »de la mode et du lifestyle ne sont pas super – hyper – optimisés.

Néanmoins, quand on part maintenant, avec un gros handicap à combler, avoir son article qui remonte bien dans Google quand on recommande un hôtel ou un restaurant, c’est plutôt positif.

Pour cela, en plus de l’optimisation « de base » (technique), il faut travailler sur « la bonne requête« .

Si un titre comme « Mes QG à Paris : les salons de thé » est correct, « Mes salons de thé préférés à Paris« , « Un thé à Paris : mes trois salons de thé préférés » sont déjà mieux, tout en donnant la même idée de base.

Après, dans les titres internes, on pourrait parler de salon de thé romantique, traditionnelle, gourmand. Le sous-titre La tranche de paradis : Tea Time au Bristol serait sans doute plus efficace « Le salon de thé du Bristol : je m’envole au paradis » (pour rester dans la même idée).

Côté réseaux sociaux, il vaut mieux soigner ses descriptions et ses images, pré-mâcher le travail de partage… ça fait partie du SEO

La Page Facebook a eu 1.487 likes en 4 jours, ce serait excellentissime, à ceci près que la courbe d’acquisition des likes est totalement anormale.

Achat ou buzz qui ne prend pas, il semblerait que l’enthousiasme soit surtout tunisien et très jeune. Malheureusement, ça ne correspond pas vraiment aux clients du Bristol et de Barbara Bui.

Le pouvoir de prescription

Il y a deux façons d’avoir un blog qui draine du monde et qui fait acheter.

La première : vous êtes une célébrité « poids lourd » genre Oprah Winfrey, Paris Hilton ou …. en France je ne sais pas, vous faites un blog, c’est une entreprise, vous capitalisez sur tout ce que vous avez fait ailleurs, et ça marche.

La seconde : vous êtes une fille comme les autres, vous partagez, vous êtes intéressante, vous attirez des gens. Lisez, par exemple les articles qui sont là-dedans, et dites-moi si vous n’avez pas envie d’être copine avec cette blogueuse mode ?

Mais dans les deux cas, le public doit correspondre à la cible. Un bon SEO aide à attirer les « gens qu’il faut ».

Reste à les retenir !

Des articles trop manifestement publicitaires ?

C’est franchement l’impression que j’ai eue.

L’intérêt du « blog de modeuse / fille / etc » c’est qu’elle transmet ses propres expériences.

L’article sur les restaurants préférés de Yasmine ne montre que des photos prises par des professionnels, disponibles sur leurs sites…. ou sur le site d’autres blogueurs, seule la photo du repas de sushi semble être la sienne (au fait, les crédits photos qu’on trouve chez Swarovski, on peut les avoir aussi ?). Et si le test du restaurant des Miniatures comporte aussi une photo (à retoucher) de plats, si vous lisez bien, vous vous apercevez qu’on ne sait quasiment de ce que Yasmine a mangé !

Globalement, on reste sur sa faim, c’est sans doute dans la partie « mode », quand Yasmine parle des gens qu’elle connait, comme Barbara Bui, que cela a le plus de « chair ».

Marchera, marchera pas ?

Ovni passager ou futur blog installé dans la durée, malgré les erreurs de démarrage ?

C’est finalement ce qui m’intéresse le plus ici, au delà de l’analyse « fais pas-ci, fais plutôt ça » qui peut finalement servir de check list pour n’importe quel lancement de blog.

Il y a des choses à corriger qui sont purement techniques, c’est le problème de l’agence. Il y a un travail à faire sur la ligne éditoriale et marketing, qui n’est pas visible. Peut-être a-t-il été fait, mais « ça se verrait devrait se voir ». Il y a un travail d’apprentissage d’écriture et du media web, qui ne peut se faire que par la pratique, à condition que l’agence accompagne.

Et il y a la dernière inconnue : où est le public ? Celui qui peut s’identifier à Yass-B, sa beauté et son style ? Est-il en français ? En anglais ? Et combien de temps pour le trouver ?

Et pour finir avec de l’humour… c’est récemment publié et ça colle bien au sujet je trouve !

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