• 1 La course à la visibilité passe par le clic qui passe par le titre et la photo
    • 1.1 Google
    • 1.2 Facebook
  • 2 Le poids des mots, le choc des photos
  • 3 Le francophone est-il plus mesuré ?
    • 3.1 Les titres accrocheurs, plus dans les blogs que dans la presse
  • 4 Le risque est différent selon le support
    • 4.1 Faire le bateleur sur les réseaux sociaux
    • 4.2 Sur Google, respecter les règles du SEO
    • 4.3 Chez soi, être fidèle à sa ligne éditoriale
  • 5 A propos….

Ou l’art de rédiger ses titres, entre sensationnalisme et crédibilité, pour arriver à être lu

J’ai trouvé le dernier article de MozBlog très intéressant, d’autant plus qu’il « s’applique à lui même ». « Is that Mind-Blowing Title Blowing Your Credibility? You Decide » qu’on peut traduire par « Est-ce que ce titre sensationnel ruine votre crédibilité ? A vous de décider ».  (Petite remarque au passage, l’url parfaitement optimisée, raccourcie mais gardant l’essentiel : « are-mind-blowing-titles-credible » … ne bénéficiant pas de la concision de l’anglais, je ne peux pas faire aussi bien).

La course à la visibilité passe par le clic qui passe par le titre et la photo

Par rapport à Google, les algorithmes des réseaux sociaux, et en particulier d’un réseau social bleu et blanc, nécessitent de l’interactivité pour assurer votre visibilité.

Google vous sert une page de résultat de 10 éléments + la pub, disons dans le pire des cas, une trentaine de liens.

En moyenne, chaque utilisateur de Facebook a potentiellement 1.500 éléments à lire à chaque fois qu’il se connecte. 15.000 quand il a beaucoup d’amis et suit beaucoup de pages. Mais, sur ces 1.500, Facebook fait une sélection d’au maximum 300, basée non pas sur 200 éléments, mais sur plusieurs milliers. (Enfin c’est ce qu’ils disent).

Si le taux de bounce est éventuellement un élément de l’algorithme de Google, cela n’a jamais été prouvé, et cela a même été nié par les Googlers. En revanche, sur Facebook, c’est clair : plus tu cliques sur les publications de quelqu’un, plus tu vas en voir (au passage, extrêmement intéressant, l’expérience de quelqu’un qui a TOUT aimé sur sa timeline pendant deux jours).

Petit comparatif rapide des « contraintes et objectifs » entre Google et Facebook

Google

Concis, sérieux, résumé, pertinent par rapport à une requête, l’internaute demande au moteur une information

Facebook

Imagé, pléthorique, pertinent par rapport à une activité du profil, l’internaute reçoit passivement une information

Meta Title  512 px, anciennement 70 caractères  95 caractères
La meta title est un élément important du positionnement de la page.
Elle doit être unique sur le site, compter le mot clé, être de préférence une phrase, et inciter à cliquer
Le meta title n’impacte pas le positionnement de la publication dans la timeline.
Il n’y a pas de critère d’unicité (par rapport à quoi ?), et elle doit être extrêmement incitative et accrocheuse
Meta Description 170 caractères maximum, plutôt 100-120 (cf. Axe-Net pour savoir pourquoi)  1000 caractères maximum.
La meta description n’est PAS un élément de positionnement, mais c’est un élément essentiel pour pousser au clic.
Google peut la modifier en fonction des critères de recherche, si elle ne lui semble pas pertinente. (C’est le cas aussi pour le title, mais plus rarement).
L’unicité de la description est semble-t-il un indice de qualité pour Google, les balises meta dupliquées sont indiquées dans GoogleWebmaster Tools
La description est troisième critère essentiel pour inciter à cliquer sur votre article. Elle peut contenir des paragraphes, des smileys, et, quand elle est faite manuellement, taguer des amis.
 Image A l’exception des vidéos, et des profils G+ qui ont disparu (mais parait-ils ont été aperçus tentant un retour), les images ne sont visibles que dans la recherche par image et dans les news. L’image est le premier critère qui va donner de la visibilité à votre publication. Elle incite au clic et au partage. Sa dimension est importante, pour une bonne apparence dans la timeline.
 Auteur Le rel=author et le rel=publisher sont importants si l’auteur est un profil G+ « reconnu ».
Normalement, ces balises ne doivent être utilisées que sur des pages présentant des contenus uniques rédigés (articles, mais pas archives de catégorie, par exemple).
Facebook dispose aussi de deux balises, l’auteur qui correspond à une personne, et le publisher, qui correspond à une page. Comme pour Google, ces balises sont limitées à des pages « de contenu » (concrètement, un type « article »).

Le poids des mots, le choc des photos

C’était le slogan de Paris Match, qui est passé d’un véritable journalisme à une presse juste un peu au-dessus des Closer et compagnie.

On aurait donc d’un côté la « presse sérieuse », symbolisée par Google, qui veut de la pertinence, et la « presse paparazzi », symbolisée par Facebook, pour lequel il faut du sensationnalisme pour être cliqué, et donc vu. Du sensationnalisme ou du mignon…

ça, ça marche presque aussi bien qu’un chaton dans les pattes d’un chien.

Et si vous regardez les titres de media américains comme Upworthy, les titres sont à 90 – 95 caractères, et manifestement, « Google on s’en fout », puisque le title est simplement la copie de ce très long titre.

She Seems Insane At First, But By The Time You’re At The End — It’s The World That’s Insane

Elle a l’air folle au début, mais quand vous arrivez au bout, c’est le monde qui est fou.

Et sur la page, un roman photo en gif animés.

Tout ça pour quoi ?

L’inégalité de salaire entre les hommes et les femmes est aussi importante que dans les années soixante.

En fait, vous n’avez aucune idée de ce que vous allez lire, vous cliquez parce que votre curiosité est piquée, mais vous avez peu de chances d’être réellement intéressé par l’information. Vous êtes sur une page où vous n’avez que d’autres histoires annoncées exactement de la même façon mystérieuse, ou des renvois sur la page Facebook ou Youtube d’Upworthy.

Le business model d’Upworthy n’est pas la publicité, il est de remplacer la publicité, en vendant son savoir faire dans la curation de contenu pour promouvoir des contenus de marques, et les aider à devenir viraux.

L’impact de la curation Upworthy

With careful selection, thoughtful framing and total transparency, we’ve seen our promoted posts connect with our audience in a powerful way

Grâce à une sélection soigneuse, une mise en évidence bien pensée et une transparence totale, nous avons vu les articles dont nous faisons la promotion interpeller notre audience de façon frappante

« de façon frappante » voulant dire :

  • 3,5 fois plus de vues que la moyenne
  • 2,9 fois plus de minutes d’attention
  • 3 fois plus de partage

Le clic-baiting est donc passé de « vous allez lire ça » à « vous allez voir ce que vous allez voir, mais est-ce que c’est bien ce que vous pensez ? » autrement dit la pochette surprise, le fortune cookie de la timeline, avec un côté découverte aussi intéressant et addictif, sinon plus, que la véritable information.

D’où le problème de crédibilité….

Le francophone est-il plus mesuré ?

Upworthy n’existe pas en français, mais on a, dans le même genre, une bonne comparaison possible avec le Huffington Post.

Globalement, sur les deux unes, le Huff américain a 13,4% de titres qui sont clairement du clic-baiting, sensationnalistes et pas clairs quant au contenu de l’article. La une française en a 5,6% (en même temps, demander à Frédéric Lefebvre ou à Nicolas Dupont-Aignan de faire du clic-baiting, c’est un peu mission impossible…)

Deux publications du même article sur le HuffingtonPost France et Maghreb. L’image est importante

Là où ça devient intéressant, c’est quand on compare la page Facebook du Huffington à sa une.

On s’aperçoit que le CM accompagne chacune de ses publications d’une petite phrase, manuelle, qui en renforce l’interactivité. Par exemple, sur l’article (traduit du Huffington US) « Chère Maman sur ton iphone tu te débrouilles très bien« , il a rajouté « De quoi faire déculpabiliser certaines mères« .

Un autre article, intitulé sur le site « Economie: plus de huit Français sur 10 ne font pas confiance au gouvernement » a son titre raccourci sur Facebook (Le « Economie:  » a disparu), et commenté ironiquement « A ce niveau, c’est plus que du scepticisme« .  Même raccourci accrocheur pour un article sur le futur livre de Cécile Dufflot, « Cécile Duflot: son livre « De l’intérieur, voyage au pays de la désillusion » s’annonce comme un pavé dans la mare » devient « Le livre de Duflot, futur pavé dans la mare ? »

La comparaison des publications avec le Huffington Maghreb montre d’ailleurs que ces chapeaux sont différents d’une page Facebook à l’autre… Mais aussi d’une édition à l’autre : la version Maghreb rajoute beaucoup moins souvent des images que la version France, et le taux de partage s’en ressent (je vous ai mis les like pour comparer le poids des deux pages, quand même).

Les titres accrocheurs, plus dans les blogs que dans la presse

C’est diiiiiingue, okaaaaaayy

En réalité, ces titres hyper accrocheurs, on les trouve plus dans les blogs, avec les « 10 raisons pour », les « Comment devenir un leader en partant de zéro avec une action simple par jour » et autres promesses oniriques, bien souvent. Quand je lis « L’astuce de DINGUE pour créer instantanément un bonus de 50 euros ou plus pour votre produit » j’ai juste envie de répondre Okaaaaaaaaaaaaay et de ne pas cliquer.

D’où le problème de crédibilité…

Car sous peine de décevoir, le contenu doit être à la mesure du titre.

Le risque est différent selon le support

Faire le bateleur sur les réseaux sociaux

Le roi des bonimenteurs

Représentez-vous Facebook ou Twitter comme un immense marché, où vous devez crier plus fort que les autres vendeurs pour attirer vos clients. Vous attirez quelqu’un, il vient voir, il n’est pas intéressé, il repart, vous n’avez rien perdu !

Sur Facebook et Twitter, on partage et on like le plus souvent avant d’avoir lu, de « confiance », soit sur le titre, soit sur le nom de la personne. Mais la confiance sur le nom ne se bâtit pas sur le réseau social, elle se construit, en dehors, sur le blog. C’est à force de lire des choses qui m’intéressent d’une personne, chez elle, que je vais mémoriser son nom, la suivre.

Et j’ai lu des choses qui m’intéressaient parce que j’ai eu envie de cliquer… si le titre de l’article ne m’intéresse pas, il y a de fortes chances que j’ai oublié pourquoi, exactement, j’avais cliqué.

D’ailleurs, est-ce qu’il ne vous est jamais arrivé d’arriver plusieurs fois sur le même contenu, à travers différents tweets ou partages ?

Encore plus si vous avez un site de type buzz, genre « les vidéos du net »… là, vraiment, allez-y sans honte !

Sur Google, respecter les règles du SEO

Là, il ne faut pas déconner… on passe en mode « aussi sérieux qu’un employé de banque », on fait tout ce qu’il faut pour que le grand Manitou Google considère qu’il faut être vu, et pour ne pas décevoir l’internaute (car je crois à l’analyse du bounce rate, et en tout cas, à celle du temps passé sur la page).

Chez soi, être fidèle à sa ligne éditoriale

Pour revenir, à la fin, à l’article de MOZ, aucun des titres « accrocheurs » n’était mensonger. Tous étaient en rapport avec le contenu, contenu qui avait la même qualité que pour des articles au titre plus sérieux.

Il est essentiel que ceux qui arrivent via un flux rss, ou tout autre suivi volontaire trouvent ce qu’ils attendent. L’habillage marketing peut changer de temps en temps, la crédibilité doit rester.

(Le banc de poissons est une photo retravaillée de poisson chirurgien des Maldives, initialement sous licence CC BY 3.0 de Uxbona et le Panda  est une photo sous licence CC BY SA de fortherock)

A propos….

Peut-être l’avez-vous remarqué, cet article a été l’occasion d’expérimenter quelques trucs.

J’aimerais bien savoir « comment et pourquoi » vous êtes arrivés ici, si le contenu vous a intéressés

(si c’est le cas, vous pouvez remercier Sylvain qui m’avait piqué « mon » sujet sur les meta descriptions, j’ai bien dû développer dans une autre direction).

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