La géolocalisation, c’est rattacher son site à un pays donné, pour qu’il ressorte mieux dans les résultats de Google spécifiques à ce pays.

On n’aura pas les mêmes résultats selon qu’on cherche sur le Web, dans les pages francophones, ou les pages France.

A priori, il existe trois moyens de géolocaliser un site :

  1. le tld, « top level domain », ou extension. Un site en .com n’est pas géolocalisé, tandis qu’un site en .fr est géolocalisé en France (et pas en francophone)
  2. l’adresse IP du serveur qui héberge un site. Ainsi Lumière de Lune est hébergée en Allemagne (chez 1&1). Des sociétés comme OVH proposent maintenant la géolocalisation de leurs serveurs, c’est à dire la possibilité de leur donner une IP autre qu’en France
  3. La géolocalisation dans Google Webmaster Tools : dans les Paramètres du site, on peut choisir une zone géographique

 

L’importance du TLD

Ou comment peut naitre une légende « urbaine », de la mauvaise lecture d’une information donnée par Google.

Un post du blog SEO Roundtable se base sur une réponse dans les forums Google pour recommander de prendre une extension déjà géolocalisée plutôt que de choisir un serveur dans un pays, ou d’utiliser GWT.
Information reprise par Webrankinfo (c’est là que je l’ai trouvée).

En gros, à les lire, il ne faut pas prendre un .com quand on veut se géolocaliser.

Or ce n’est pas ce qui a été dit par Google.
John Mu a très précisément écrit :

Yes, we do try to find context from these two factors (I think this article is being updated to be a bit more clear though :-)) — however, if your site has a geographic TLD/​ccTLD (like .co.nz) then we will not use the location of the server as well. Doing that would be a bit confusing, we can’t really « average » between New Zealand and the USA… At any rate, if you are using a ccTLD like .co.nz you really don’t have to worry about where you’re hosting your website, the ccTLD is generally a much stronger signal than the server’s location could ever be.

et cela en réponse à un webmaster qui voulait savoir si cela posait problème d’avoir un site avec un cctld en co.nz [nb : donc déjà géolocalisé] sur un serveur avec un IP américaine [nb : donc en conflit avec la géolocalisation].

La réponse de John Mu est donc très précise : en cas de conflit entre une extension déjà localisée (appartenant à un pays), et l’IP du serveur, le tld est nettement plus important que l’IP du serveur, qui n’est pas prise en compte.

Rien de plus, rien de moins, et on sait que les Googleguys n’en disent jamais trop.

Rien de très nouveau (ceux qui ont déjà essayé de géolocaliser un site en .fr dans GWT savent que cela est impossible).

De là à recommander d’utiliser une extension spécifique à un pays pour géolocaliser un site, comme le font SEO roundtable et webrankinfo, (et implicitement déprécier les .com, .net et autres tld non géolocalisés) il y a un énorme pas, que je m’abstiendrais de franchir.

Car cela voudrait dire « un site géolocalisé par son extension est mieux placé toutes choses égales par ailleurs, qu’un site géolocalisé autrement ».

Et ça, franchement, je n’arrive pas à le lire dans ce qu’a écrit le GoogleGuy, il parle de deux critères pour un seul site.

J’ai au contraire lu que Google reconnait aussi comme méthode la spécialisation par sous domaine, voir même par répertoire, avec une géolocalisation dans GWT.

Est il obligatoire d’utiliser une extension géographique ?

Le seul cas où on peut répondre sans ambiguité « oui », c’est si votre produit /​site est réservé à cette zone géographique (par exemple, informations sur les assedic en France, ou sur l’ONEM en Belgique, ou produit que vous ne voulez vendre que dans une zone géographique donnée).

Pour tous les autres cas, c’est une question à se poser. J’ai déjà donné dans l’article sur le référencement d’un site en plusieurs langues les points à considérer. Entre domaine, sous domaine et répertoire, qui sont trois solutions reconnues par Google, entrent en ligne de compte les problématiques de coût (un site en deux langues ou en 20 langues), de législation (de nombreux tld ne sont pas accessibles sans qu’on donne la preuve de sa résidence dans le pays) et surtout la problématique des langues qui ont plusieurs pays.

En clair, ma version espagnole va-​​t-​​elle être destinée aux espagnols seulement ? Ou aussi à l’Amérique Latine ?
Et dans le second cas, comment géolocaliser mon site via des tld sans faire de duplicate content ?

La solution qui consiste à faire des répertoires différents, avec une partie du contenu seulement, et à géolocaliser chacun de ces répertoires sur un pays différent dans GWT peut permettre de ce sortir de ce genre de problèmes.

En conclusion

  • si on a une extension géographique, c’est le critère déterminant de géolocalisation de Google
  • avec une extension non géographique, les autres critères peuvent être utilisés, et la décision dépend d’un ensemble de facteurs, à considérer pour chaque site, en fonction de la cible, du contexte législatif, du budget…
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