Après avoir « vendu son âme au diable » comme on avait pu le lui reprocher à l’époque où il a accepté de censurer les résultats présentés en Chine, Google vient de découvrir que le diable ne l’aimait pas.

Dans un communiqué un peu exceptionnel, Google annonce avoir été la cible d’attaques répétées et sophistiquées qui cherchaient à hacker ses systèmes, et plus particulièrement à accéder aux comptes Gmail de militants des droits de l’homme.
Ces attaques n’étaient d’ailleurs pas dirigées seulement contre Google, mais contre une vingtaine de sociétés high tech dont les noms ne sont pas communiqués (mais on peut imaginer Yahoo et Microsoft, autres fournisseurs de mails gratuits).

Photo sous licence cc attribution par Ernop

Après une enquête approfondie menée aux US (il faut protéger les employés de Google en Chine et bien affirmer qu’ils n’y sont pour rien), Google a donc décidé que la coupe était pleine, et qu’ils allaient arrêter de censurer les résultats de leurs recherches.

De deux choses l’une : ou bien ils arriveront à négocier avec le gouvernement chinois les modalités d’un moteur de rechercher légal et non censuré, ou bien ils fermeront Google China.

Je sens déjà les mauvaises langues affirmer qu’ils font cela parce que leur filiale n’est pas assez rentable, ou n’importe quoi de ce type, et c’est peut-​​être possible. Cependant, je pense que la raison essentielle n’est pas là. Même si elle est prête à faire des « accommodements raisonnables », une entreprise ne peut pas accepter d’aller trop loin, au risque de perdre toute crédibilité.

Toucher aux résultats de recherche est une chose. Accepter le risque de voir des informations confidentielles détournées et utilisées contre des personnes en est une autre, et il faut sauter par dessus un canyon énorme, pour arriver à franchir ce pas.

De plus, il ne peut pas s’agir d’une annonce spontanée, et je suis certaine que cette décision, et sa communication, ont été d’abord discutées avec le gouvernement américain (qui a d’ailleurs été impliqué and we are also working with the relevant US authorities)

Après les attaques qui avaient eu lieu contre la Lithuanie et dont on n’a jamais pu prouvé officiellement qu’elles venaient du gouvernement russe, la guerre technologique franchit une étape supplémentaire.

Google rappelle dans son communiqué qu’on peut se faire pirater son compte Gmail, et qu’il ne faut pas cliquer sur n’importe quel lien, ni donner son mot de passe. Cela reste du niveau des précautions individuelles. Mais là, le problème soulevé par Google est tout autre. Mata-​​Hari a perdu ses voiles, et les a remplacé par un clavier.

Quitter la Chine protège-​​t-​​il Google ? Sans doute non. Mais cela donne un éclat et une publicité nouvelle à cette action, et au problème de la censure en Chine. Les américains sont-​​ils en train de construire un nouveau bad guy ?

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