Une publication très importante, sur WordPress.org, par Matt Mullenweg : « les thèmes WordPress aussi sont soumis à la licence GPL« , qui reprend l’avis du Software Freedom Law Center, les gourous de la licence libre.
les éléments PHP du thème doivent être en licence GPL, ce n’est pas obligatoire pour les graphismes et le CSS

Le code PHP dans les thèmes doit être sous licence libre

L’argument est le suivant : le code PHP des thèmes repose sur le code du coeur du moteur, — notamment par exemple les requêtes de préparation de la base, et la fameuse « boucle ». Le template lui même est chargé par la fonction include().
Il n’ pas de sens sans ce préalable, et doit donc être considéré comme un dérivé de ce code, ie. être libre.

Le CSS est un élément séparé, qui n’est pas intégré au code WordPress

Les images, graphismes et autres codes CSS sont interprétés sans intervention du moteur WordPress. Ils ne sont donc pas des dérivés de ce code, et peuvent être soumis à des licences plus restrictives.
Matt Mullenweg trouve qu’un thème sans CSS n’a pas de sens… pourtant c’est le cas de la sandbox et du blueprint, deux thèmes très appréciés des développeurs.

En pratique, pour les agences web ?

J’avoue que, même si je comprends la logique, je reste perplexe.
En pratique, cela veut dire que si un client me finance un thème ou un plugin, celui-​​ci doit être sous GPL.
Je ne peux donc pas empêcher mon client de le ré-​​utiliser pour d’autres sites, et lui-​​même ne peut pas m’empêcher de le ré-​​utiliser pour d’autres clients.
Or aujourd’hui, mes contrats sont exactement à l’encontre : je développe pour un site, pour un client, et celui-​​ci a l’assurance que je ne réutilise pas pour un autre. Comme je « sais » (en tout cas contractuellement) que l’utilisation est restreinte à un site, et que si il souhaite réutiliser le plugin ou le thème sur plusieurs sites, mes taux de facturation restent raisonnables.

La logique du libre conduirait à la même chose, je peux toujours facturer assez bas, puisque je peux réutiliser à ma convenance.

Mais…

Quid du plugin qui apporte un avantage compétitif certain ? Du thème intelligemment dessiné pour le référencement ? N’est-il pas logique que je ne puisse pas le réutiliser pour un concurrent direct ?

Inclure la totalité du code PHP des thèmes (et des plugins, selon la même logique) dans la licence GPL va-​​t-​​il freiner l’utilisation de WordPress dans le monde professionnel ?
C’est en tout cas ce que semblent penser certains, comme Daniel Jalkut de Red Sweater Software.

Un blogger anglophone va même jusqu’à contester totalement cette prise de position.
Son argumentation est qu’un thème « ne copie pas » ou « ne modifie pas » le code PHP de WordPress, il l’utilise.

Eh oui, le droit c’est subtil.

Le débat ouvert est important.

Un thème ou un plugin non-​​GPL « vole-​​t-​​il » la communauté ?
D’une certaine façon, oui.
Je bénéficie d’une masse de développement importante. Le fait de faire des sites sous WordPress facilite ma vie et celle de mes clients, leur donne une meilleure pérennité, et une base évolutive.

J’ai choisi WordPress pour sa large communauté, nettement plus ouverte et plus partageuse que celle de Joomla, par exemple (tiens, au fait, les thèmes Joomla et les extensions payantes violent-​​ils la licence Joomla ?)
Mais la taille de la communauté et sa réactivité s’expliquent aussi par l’énorme base installée, y compris des sites très professionnels, dont je ne pense pas pouvoir obtenir les thèmes facilement…

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