Rédiger pour le web n’a jamais signifié « s’affranchir des règles de la grammaire ». Au delà des simples fautes de frappe, une revue des principales atteintes à la grammaire. Généralement faciles à éviter, surtout quand on pense à « écrire simple ». 9 fautes de français courantes, que j’ai trouvées récemment au cours de mes baguenaudes, et qui heurtent mes yeux et mon cerveau. Du langage SMS à la faute de sens, en passant par la négligence.

Quelques trucs pour les éviter :

  • L’utilisation des correcteurs d’orthographe, qui signalent la plupart des fautes de frappe (mais échouent souvent lorsque plusieurs homonymes sont possibles). Sur le web j’utilise de préférence l’extension dictionnaire de Firefox, mais j’ai aussi installé la correction orthographique avancée dans mes blogs, grâce à l’extension TinyMCE advanced
  • Connaître les caractères spéciaux, comme les espaces insécables (   ), les tirets cadratins ou autres, qui permettent d’éviter par exemple qu’un point d’interrogation se retrouve seul sur une ligne. Dans WordPress il existe quelques plugins, et sinon dans l’éditeur visuel, cliquer que la petite icône de droite sur la ligne (celle avec plein de petits carrés) permet de faire apparaître la seconde ligne. Le bouton avec un Ω permet d’insérer directement les caractères spéciaux sans se soucier de connaître leur codification.
  • Passer un peu de temps sur les dictionnaires en ligne. Le CNRTL propose une sélection de dictionnaires et de corpus. Il a développé propose une extension pour Firefox, compatible FF4. Il utilise les ressources du TLFI mais les résultats de recherche peuvent être liés à la différence du TLFI (section lexicographie)
  • Prendre le temps de se relire, laisser quelques minutes entre la rédaction de son texte et sa publication. Dans un blog, se relire en mode « aperçu », le changement de présentation par rapport à l’admin permet de mieux voir les fautes.

« Faire ceci pour ne pas qu’il soit mal référencé »

La double négation peut avoir sa raison d’être. Donc si on veut pas dire « pour qu’il soit bien référencé », on écrira « pour qu’il ne soit pas mal référencé », ou mieux « pour éviter qu’il soit mal référencé » (et on peut aussi utiliser « afin de »). La structure infinitive, elle, est tout à fait acceptable : « faire ceci pour ne pas avoir un mauvais référencement », « pour ne pas perdre son référencement ».

Catégorie : je massacre la syntaxe par pur plaisir.
« Cette mesure pallie à l’absence de »
Un palliatif n’est pas un remède, mais un cache misère (le mot vient de pallium, manteau, donc quelque chose qu’on met sur une autre pour dissimuler). Le verbe pallier est donc transitif (pallie l’absence de). Et sinon, on utilisera « remédier à », « résoudre » (pas solutionner…), « répond à » voire « adresse » (si, si, adresser est aussi un verbe).

Catégorie : j’emploie des jolis mots dont je ne connais pas le sens.
« quelles que soient leurs modes de vie »
Dans cette expression, l’adjectif relatif s’accorde toujours avec le sujet du verbe être. Option 1 : le rédacteur ignore cette règle. Option 2 : le rédacteur confond le mode (la façon, la manière) avec la mode (le trend). Cette faute du recruteur de aufeminin.com a d’autant plus de sel que l’offre d’emploi réclame par deux fois « une orthographe parfaite ».

Catégorie : le troisième sexe
« Ben Laden, principale responsable »
Là on est au niveau le plus simple de la faute d’accord. Très répandu. Assez gênant quand c’est commis à la première personne. Ou par l’Elysée (relevé par les correcteurs du Monde).

Catégorie : les transsexuels
« j’est fait ceci »
Ne pas confondre tout ce qui se prononce vaguement pareil, ai et est, été et étais (sa petite soeur, le summum, que j’ai rarement vu, j’est étais) le verbe avoir est auxiliaire du verbe être pour le passé composé, la première personne ce n’est pas comme la troisième, et si mes (presque) homophones étaient des homographes, ils seraient des homonymes.

Catégorie : Y’a du taf Simone
« Solutionner le ranking de mon money site »
Solutionner est sans doute un des angliscismes qui m’énervent le plus, parce qu’il n’a aucune raison d’être, il existe en français « résoudre », et le barbare solutionner n’apporte aucune nuance de sens supplémentaire, sinon celle de stigmatiser son auteur en le rangeant dans la catégorie « je n’ai pas de vocabulaire parce que j’ai la flemme de chercher ». « Ranking » et « money site » sont deux éléments de jargon, qui peuvent facilement se traduire par « positionnement » et « vache à lait », et n’existent qu’à cause de tous ces jeunes webmestres incapables de retraduire les documentations qu’ils lisent en anglais.

Catégorie : Avant d’être bilingue, autant parler une langue correctement, my télor iz note riche
« Vous n’êtes pas sans savoir que … « 
Cette expression ne veut pas dire « vous ignorez » mais « vous savez que ». Le nombre de négations induisant d’erreur [mode je fais des fautes exprès on], la double négation revient à une affirmation. (cf. première faute de la liste).

Catégorie : Logique binaire, 0 Λ 0 = 1 (si, si je vous le jure)
« si g bien compri, on peut gagner du fric avec google. mé faut fer un site sur koi. c koi ki fait ganger du fric. si je parl de ma famille c bon ? »
L’alphabet se compose de 26 lettres, qui ne doivent pas être utilisée de façon aléatoire ou parcimonieuse si on veut être compris. Accessoirement, pour ganger du fric, il faut être référencé, et une bonne rédaction web y contribue fortement.

Catégorie : Le SMS détruira le monde
« quel temps fera t’il? »
Les règles de typo varient d’une langue à l’autre. Par exemple en français il faut encadrer le t dans cette expression par deux jolis traits d’union — à ne pas confondre avec le tiret quadratin, qui sépare et dont l’entité html est — . Il faut aussi mettre un espace avant le ? (mais pas en typo anglaise, que pratique aussi Stéphanie, dont le blog bilingue m’a fournit cet exemple)
Catégorie : Je suis space quand il faut (mais avec pointillisme)

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