Ayant commenté directement chez RaphSeo (merci pour son invitation) les aspects techniques de ce qu’on commence dans notre microcosme a appeler « l’affaire 1m30 » , j’avais « clos » l’histoire quand ma TL d’aujourd’hui, avec les nombreux échanges avec Gabriel Dabi-Schwebel, le patron de l’agence, ont généré une bouillonnante réflexion philosophico-matinale, avec cette conclusion :

Réflexion qui dépasse largement le cadre de la pénalité de 1m30, mais qui regroupe plusieurs choses « vues-lues » ces derniers jours.

Précision : tous les liens vers des sites dans cet article vont être nofollow, pour ne pas faire peser un risque accru de pénalisation.

Peut-on prester sans technicité ?

Je vous épargne les démonstrations détaillées : je ne connais pas de métier qui puisse s’exercer sans maîtrise de la technique.

Il y a des métiers qui sont nettement plus ouverts au pipotage que d’autres, mais en réalité un bon consultant en stratégie maîtrise des techniques et des savoirs, exactement comme un bon créatif graphiste et exactement comme un bon comptable. Plus particulièrement, un bon marketeur, un bon web-marketeur et un bon SEO sont des professionnels qui maîtrisent un ensemble de techniques complexes.

Dans ce cas particulier, ces techniques se recoupent, fortement. Un marketeur ne peut plus ignorer le web (combien de pub papier mentionnent la page Facebook), un SEO ne peut pas ignorer le marketing (comment déterminer les bons mots clés ou optimiser un texte sans savoir précisément ce qu’on vend et à qui ?). C’était ma conclusion chez Raph.

Aujourd’hui, le web est encombré de gens qui se lancent « sans risque » pour vendre des prestations pour lesquelles ils n’ont aucune maitrise, ni même connaissance de base.

« Sans risque » pour eux, mais pas pour leurs clients…

La vidéo LOL du matin : Comment RÉSOUDRE ses problèmes TECHNIQUES (html, css…) SANS rien y connaître

On commence par ce bijou fait par le jeune homme qui pense qu’on peut entreprendre sans risque. Pas de chance, c’est la première vidéo que j’ai visionnée, elle ne m’a pas impressionnée en sa faveur.

  • Si tu connais un peu le web et le chteumeuleu et le CSS, tu seras étonné d’apprendre qu’on peut modifier la couleur d’un H1 avec une déclaration de propriété erronée ( color:726650 ; ) appliquée sur un h3.
  • Si tu es formateur, tu seras choqué de voir qu’on peut faire un tuto qui affiche des messages d’erreurs de l’outil sur lequel on forme sans les expliquer, ou refaire la démo
  • Et si tu n’y connais rien, vraiment rien, rassure-toi, en suivant ce tuto, tu n’arriveras jamais à faire ce que tu veux

Bonjour, j’ai fait un stage, vous pouvez m’apprendre mon métier (gratos) pour que je puisse améliorer les presta que je compte vendre à mes clients

La naïveté du jeune Padawan ne cesse de m’étonner sur WebRankinfo. Le forum est connu pour ne pas être très tendre pour les débutants, en même temps, quand on voit ça on peut comprendre. (oui, c’est moi la modo à l’avatar de Ma Dalton, oui j’assume mon coté désagréable)

Le résumé du fil : demande d’avis sur un site pas fini, sur les fautes d’orthographe, je cite « Vos avis personnelles sont donc les bienvenus concernant le design, les services proposés, les prix ou tout autre chose »

Le site : le site d’une future agence web, sobrement intitulée Seosolutions qui met en place brut de décoffrage un thème WordPress, sans en optimiser la structure sémantique, sans changer le graphisme du slider, en prétendant faire purement du white-hat SEO conforme aux guidelines mais en vendant de la presta annuaire à « 90 annuaires sur trois mois » et de la publication de CP, et, toujours sur la même page de la presta d’optimisation de la structure du contenu (balises H1, H2, Strong …) et ça sur une page qui contient trois fois trois H1, « Basic », « Standard », « Premium »

Démonstration parfaite de la technicité de la future agence en question…

Et voici un résumé de notre échange :

– Disons que ton site prouve que tu ne connais pas grand chose à ce que tu souhaites vendre. Plonges toi dans la lecture de ce forum…

– Peux tu développer ? Par ce que je recherche des critiques qui peuvent aider si possible merci Je rappelle que c’est un projet

– Moi je n’appelle pas ça un « projet », j’appelle ça une « agence qui fait un site pour vendre des prestations qu’elle ne sait pas faire et qui en plus demande un audit gratuit sur un forum »

– Je te remercie d’avoir pris la peine de me lire et de me répondre. Mais pourquoi me juger aussi sévèrement ? Connais tu mon parcours, mes études ? J’ai pourtant demandé de l’indulgence car le site est peut-être terminé sur la forme mais loin de l’être sur le fond. Je suis sur un forum d’entraide ou d’accablement ? Je trouve vraiment dommage que certaines personnes prennent un malin plaisir à toujours vouloir en décourager d’autres. Juste pour info, j’ai une licence pro rrw que j’ai passé en alternance dans une agence Web donc je propose des services que je connais un minimum.

La notion du « minimum » est subjective bien sûr. Là, à mon avis, on en est au stade  » j’y connais tellement peu que je ne sais même pas que je ne sais rien  » .

L’agence d’inbound Marketing qui fait du lien sans faire de SEO

Le cas de 1m30 est bien évidemment à des milliers d’années-lumières de ces deux guignols primo-entrepreneurs-trop-tôt-débutants mais il se pourrait qu’il soit dans la même logique.

Le résumé de la pénalité 1m30 en quatre liens

Mon résumé que je ne voulais pas faire au début, mais bon, il faut bien y comprendre quelque chose

RaphSEO a parfaitement analysé le côté factice de nombreux liens partant chez 1m30. Je vais donc juste reprendre quelques petits trucs.

En un coup d’oeil, quand on voit ça sur ahrefs, on sait qu’il y a un problème :

La différence de répartition entre les pages et les domaines indiquent des liens « sitewide » ou presque, et il n’y a plus qu’à aller voir.

« Après » la pénalisation, webmarketing-com.com est passé en no follow.

Les deux domaines suivants sont des clients de 1m30.

Le dernier de la liste a un lien footer optimisé sur « agence web » comme Raph SEO l’a montré

Le second est « encore pire » aux yeux de Google : il s’agit d’un blog culturel, qui fait, en sidebar, un pavé « liens amis » en dofollow. Lequel pavé contient des liens dans la thématique culturelle, et celui de l’agence web.

Voilà, voilà, la marmotte emballe les liens naturels non sollicités dans le papier alu.

Avant de rentrer dans les stratégies de défense de l’agence, la vraie question est  » 1m30 sont-ils des professionnels du SEO ou pas  » , en d’autres termes, « en tant que spécialistes de l’inbound Mareketing, peuvent-ils ignorer les consignes de Google » (et donc qu’ils y ont contrevenu ?)

L’agence qui vend du SEO sans s’y connaitre

Une brève revue de leur site, hier, m’avait fait penser qu’ils ne vendaient pas de SEO.

Néanmoins, ils savent ce que c’est qu’optimiser un lien (on notera au passage le coup de patte aux « référenceurs »)

Néanmoins, je reconnais que ces liens sont optimisés. En effet, comment faire quand on connaît le fonctionnement de l’algorithme de Google pour ne pas chercher à optimiser la qualité de ces liens légitimes. Je trouve totalement hypocrite les pratiques des référenceurs qui consistent à mesurer le pourcentage de liens optimisés vs les liens non optimisés pour apparaître naturel aux yeux de Google. C’est de mon point de vue se préoccuper plus du moteur que des lecteurs.

Mais pas suffisamment pour éviter les liens croisés (niveau CE2) :

il est évident que nous ne sommes pas étranger à une petite minorité de liens obtenus auprès de confrères blogueurs. Il me semble en effet assez naturel de se recommander entre blogueurs influents partageant les mêmes valeurs et la même cible d’audience. Recommandations qui sont basées sur une estime réciproque et jamais sur une base financière, je précise. Dans la même veine et pour marquer notre bonne volonté, nous avons convenu avec les éditeurs de neocamino.com de passer en nofollow les liens croisés entre nous.

Malheureusement, il ne s’y connait pas assez pour savoir que ce sont les liens factices, il en donne sa propre définition, qui prouve là encore un certain mépris du métier de référenceur.

les liens dits factices qui ne sont pas légitimes et qui sont obtenus auprès de l’éditeur sortants soient contre rémunération, échange marchandise, échange de liens sans activité partenariales, et même dans certains cas sans même concertations avec l’éditeurs sortant avec les pratiques de pose de commentaires automatiques sur les blogs, hacking du site l’éditeur sortant, etc. Je ne suis pas expert en Black Hat et je suis sûr qu’il y’a encore plein d’autres astuces.

Quand tu fais des échanges de liens croisés nombreux avec des gens avec qui tu bosses, quand tu optimises tes liens footer sur les sites de tes clients, c’est factice…

Pire encore , sur Google

Nous ne sommes pas des référenceurs stricto sensu, notre approche d’Inbound marketing contribue au référencement mais nous ne vendons pas de package de référencement en tant que tel. Tout nos offres sont sur le site dans l’onglet ressource et en référencement nous ne proposons que de l’audit et rien d’autre.

Et Gabriel s’enfonce encore plus en commentaire chez RaphSEO

Mais nous contrairement à vous n’avons pas les outils pour mesurer les profils de liens, savoir quel est le bon ratio entre ce qui est optimisé et ce qui ne l’est pas etc

Pour répondre à la question sur notre offre de référencement.

Elle existe parce que les clients la cherche et que nous aimons être trouvé. Quand nous sommes contacté sur le sujet nous proposons 2 options : faire du link building classique si le client le souhaite et dans ce cas là nous renvoyons le client vers un partenaire, construire une vraie stratégie éditoriale qui convertit son audience en client et dans ce cas là nous faisons ce que nous savons faire.

Comment peut-on prétendre vendre un audit de référencement sans connaitre de façon approfondie le monde du référencement ? (D’où le lien avec la première partie de ce post, comment peut-on prester sans technicité ? )

J’ai travaillé en cabinet d’audit. Les auditeurs étaient tous dirigés par des experts-comptables et des juristes qui avaient une connaissance approfondie des techniques qu’ils auditaient chez leurs clients. Les experts en productions sont des ingénieurs et des pros… le SEO serait-il le seul domaine où on peut légitimement faire des audits sans savoir ce dont on parle ?

Parce qu’il n’y a pas que sur Google que 1m30 souhaite se positionner sur SEO : sinon pourquoi ces hash-tags sur son compte Twitter ?

1m30 ne sait pas faire du SEO, ah bon ?

La défense « je ne savais pas, moi Monsieur l’Agent à 170km / heure, surement pas »

Qu’on soit Google ou un agent de la force publique (rappel : Google est une société privée, pas un service public), il n’y a rien qui énerve plus que la mauvaise foi.

Ou alors il faut bien le faire. Quand on dit sur le forum Google

Néanmoins, je ne suis aucunement pas responsable de leur création et n’ai eu aucune influence sur les auteurs de ces 3 articles. Je ne les ai jamais contactés par quelque biais que ce soit pour leur demander/acheter/échanger les liens en question. […]De façon générale, je n’ai jamais fait appel à un référenceur ou acheté de lien

et plus loin qu’on reconnait une optimisation sur le mot clé sur lequel on a été pénalisé

Ces liens naturels, en particulier sur le mot clé “Inbound marketing” (2ème position dans les résultats de votre moteur de recherche avant la pénalité) que vous nous contestez dans vos 3 exemples nous les méritons, car 1min30 est l’agence qui a véritablement fait éclore ce concept marketing en France

La défense Caliméro c’est trop inzuste

 

C’est trop inzuste

Sur le fil Google 

Alors, pour conclure, je ne crois pas avoir joué, ni avec Google, ni avec le lecteur. J’ai travaillé à me construire une réputation, à produire des contenus de qualités que les lecteurs partagent et apprécient. Je ne joue pas, je travaille, j’essaye de construire une activité profitable dans un contexte économique difficile et je regrette profondément que ce travail, ce développent soit entravé et remis en cause par une action que je trouve injuste, unilatérale et irrespectueuse de l’auteur/éditeur que je suis.

Et plus loin

J’espère aussi que Google répondra à ce post et me proposera des compensations (on peut rêver) pour le trafic perdu pendant la durée de cette pénalité « arbitraire », « injuste » , ou je ne sais quel autre qualificatif lui donner.

La défense « Aux Armes Citoyens »

Sur le fil Google, le Point Godwin commence à pointer son nez…

C’est le fonctionnement d’un état totalitaire. La sanction d’abord et les aveux arrachés aux auteurs après… Ce n’est pas très respectueux surtout de la part d’un acteur qui promeut la liberté et la démocratie dans le Monde. (…) Et si par informer on considère que la phrase « vastes campagne de marketing » et suffisante on se retrouve dans un système totalement arbitraire. C’est comme si en matière de sécurité routière on disait « il interdit d’aller vite ! » Non la loi limite la vitesse en ville à 50km/h c’est prècis, à 90km/h sur les routes et à 130 sur les autoroutes.

Ah non, pardon, le Point Staline...

Si on continue les parallèles historiques on pourrait même comparer la procédure de sanction aux procès stalinien où de toute façon on est coupable, et que le jugement sert à obtenir des aveux plus ou moins rapidement.

Et surtout l’appel à la mobilisation générale sur le JDN

Alors si vous partagez mon point de vue n’hésitez pas à relayer ces articles et à soutenir notre action pour que Google soit plus juste.

La défense « C’est pas moi c’est l’autre »

Finalement, après l’avoir annoncé sur le fil Google, Gabriel a trouvé le responsable, c’est Teliad

En effet, en appliquant une pénalité à Teliad et à un autre opérateur Allemand, Google a part la suite appliqué des pénalités aux blogs qui vendaient des liens dont un sur lequel j’avais moi même publié de nombreux articles (non payants). J’ai donc été pris (c’est mon interprétation) dans une réaction en chaîne dont je ne suis pas responsable. D’autres rédacteurs du blog en question ont aussi été pénalisés.

Soyons clairs : s’il est effectivement possible qu’un Googler soit arrivé sur le site d’1m30 via une chaine de vérification, cela ne change rien aux reproches faits à 1m30.

D’ailleurs, la gestion des voisinages est un point important en SEO. Et il est beaucoup plus probable que ce soit la suite de la pénalité de Webmarketing-com qui est survenue plus tôt, dans l’été, et qui aurait dû alerter son partenaire 1m30.

La défense j’ai rien compris je m’enfonce

Gabriel tient à ses liens. En commentaire chez RaphSEO

Par ailleurs, il aurait été fair de ta part que tu mettes un lien vers notre article qui a initié la polémique en intro de ton article… sans l’optimisé bien sûr. Voici le lien pour mémoire :
– https://www.1min30.com/1min30/google-peut-se-tromper-et-1min30-essayer-de-se-defendre-12561

Je vous passe les nombreuses répétitions de « ces trois liens que vous nous donnez ne justifient par une pénalité » … c’est un exeeeeeeeeeeeeeeeeeemple parmi d’autres liens pointant vers toi, et la seule et unique chose qu’un Googleur a reconnu, c’est qu’ils auraient pu choisir de meilleurs exemples.

Ni sur le « je ne désavouerai pas ces liens que JE pense légitimes ».

Je me demande simplement si, avant de lancer son opération mailing auprès des référenceurs, Gabriel a compris que le brusque afflux de liens « sollicités ipso facto par le parlez de moi », risquait être rangé par Google dans la catégorie « liens factices suscités par une vaste campagne de marketing ».

Comment comprendre autrement l’appel à la mobilisation sur le JDN « faites moi des liens » ?

Ma vision d’agence qui fait du SEO

Au delà du côté « limite insultant » de l’assimilation des référenceurs à des gens qui font du black-hat et des trucs pourris, je me demande quelle raison aurait cette agence qui ne fait pas de SEO à être « trouvée » sur Google avec ce mot clé ? Et si Gabriel, qui trouve trop inzuste qu’on le pénalise dans son business ne trouve pas inzuste de « prendre ma place et celle de mes petits copains », qui, eux, savent ce qu’ils font ?

Moi aussi, je travaille dur, j’essaye de me construire une activité profitable, etc, etc…

Google n’est pas un service public, c’est un paramètre

Je l’ai déjà écrit chez Raph, mais je repose la question ici : comment peut-on être actif de façon professionnelle sur le « marketing digital » sans connaître les « lois » de Google, sans se mettre à jour régulièrement, bref, sans faire de son mieux pour bien conseiller ses clients et éviter de les pénaliser avec ses actions ?

Qu’on ne « fasse pas » du référencement est une chose. Mais à partir du moment où on touche à la génération de trafic sur le web, en Europe, comment peut-on professionnellement ignorer à ce point les consignes Google et leurs conséquences pratiques répétées en permanence par la communauté des référenceurs ?

  • modération forte dans les guest posts
  • pas de liens optimisés « suscités »
  • pas de liens site-wide dofollow, surtout quand ils sont optimisés
  • pas de liens réciproques
  • pas de campagne de link-baiting trop visible (vous vous souvenez des infographies…) ?

Effet Streisand ?

J’en ai parlé sur Twitter… Gabriel a eu la gentillesse de m’expliquer ce que c’est (ce qui prouve, au fait, que son agence a sollicité mon blog pour un article invité sans me connaître vraiment et sans savoir que j’en parle régulièrement… c’est très vexant).

https://mobile.twitter.com/1min30/status/509393681498243073

J’explique donc en détail ici 🙂

Gabriel Dabi-Schwebel a pris un risque énorme, en ayant une réaction de marketeur et de buzzeur. Il a fait « monté la mousse » et il l’a jouée frontale avec Google (il n’est pas le seul).

Vis-à-vis de Google : vouloir réexpliquer à Google comment il doit lutter contre le spam et faire une exception pour lui est cocasse. ça va à l’encontre de tout ce qu’il faut faire, en gros, « prouver qu’on a compris » (article d’Orénoque dont je parle, ou multiples commentaires de Sylvain Richard).

Vis-à-vis de ses clients : porter son différend de la sorte sur la place publique, avec toutes les argumentations contrées par Google et par les spécialistes est-il de nature à rassurer ses clients ?

Ce qui aurait pu être traité discrètement, et même faire l’objet d’une capitalisation une fois le problème réglé est maintenant devenu un étalage de contradictions, et, tant qu’il n’aura pas été « dépénalisé », la preuve du danger de ses méthodes, des risques qu’il fait courir à ses clients, et de sa faible capacité à résoudre le problème rapidement. Si Expedia, Mercédes, Interflora ont plié face à Google, qu’espère-t-il ?

La gestion de l’échec et des erreurs

On en vient donc à la dernière partie de cet article ce roman, qui est une réflexion plus générale. En entreprise, j’ai fait 95% de ma carrière dans des structures américaines et allemandes, même si une bonne partie était en France. Apple Europe, un cabinet d’audit anglo-saxon et Bertelsmann. Chez Bertelsmann, j’ai travaillé avec les filiales américaines et anglaises, entre autres.

Culturellement, je ne suis pas française. Ma culture professionnelle est anglo-saxonne, et ça se voit.

Or, hier soir, parlant philosophiquement avec des amis, sur toute autre chose que le web, nous parlions de la culture protestante (… et du capitalisme, oh un lien dofollow 😀 ), par rapport à la culture latine et catholique.

Chez les protestants, la confession n’existe pas. Tu fais une connerie, tu l’assumes, tu la répares, mais tu ne cherches pas d’excuses, tu ne vas pas évoquer les circonstances atténuantes pour te faire absoudre.

La première réaction française, en cas de problème, est de se défausser, passer à son voisin, expliquer que les sangliers avaient mangé quelque chose et que le terrain était trop lourd, ou qu’on fait un annuaire qualitatif et que Google devrait voir les choses autrement. C’est affectif, irrationnel et totalement inefficace (je croirais entendre mon patron allemand, quand il avait des états d’âme à devoir nous gérer…)

Assumer une erreur, la reconnaître, pour pouvoir la corriger

Quand il y a un problème, la vraie question urgente n’est pas :

  • est-ce que c’est juste ?
  • est-ce que le fait de ne pas savoir ce que je faisais est une bonne excuse ?
  • est-ce qu’on devrait prendre la Bastille et révolutionner le système ?

Mais « qu’est-ce qu’on fait pour corriger le problème ?

Le droit à l’erreur existe, oui, mais sous certaines conditions

Personne ne fait jamais d’erreurs.

Le droit à l’erreur existe, il s’accompagne de l’obligation d’amélioration. En gros, on ne te donne pas le droit de te tromper parce que tu es sympa, mais parce qu’on fait confiance à ta capacité à apprendre de tes erreurs, à corriger le tir.

Si tu te lances dans la stratégie « Caliméro appelle aux armes citoyens », alors tu n’as pas le droit à l’erreur…

Google est une entreprise américaine

Que les Googlers soient français, arméniens ou guatémaltèques n’y change rien. La culture de l’entreprise est américaine.

Tu t’es pris une pénalité ? Tu capitalises sur ton erreur. Tu assumes tes responsabilités

Et faire une campagne d’acquisition de liens pour mobiliser contre l’inzuste Google n’est pas exactement la bonne capitalisation. A mon avis personnel.

(Clément D’HONDT le sculpteur sur bois dont la photo illustre cet article est une image sous licence CC BY SA de Jean-Pol Grandmont )

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