10 erreurs à ne pas faire en utilisant WordPress ou, en d’autres termes, croire que le SEO ça se fait tout seul.

Il est très fréquent, sur le forum WordPress-fr.net de lire des questions désabusées :

Pourquoi je n’ai pas de visiteurs, pourtant je fais tout bien, je publie des articles régulièrement, et j’ai Yoast qui me fait mon SEO ?

Alors non, Yoast ne « fait pas le SEO », et bien que WordPress SEO de Yoast soit un très bon plugin, il a aussi quelques défauts. Mais pour en tirer parti, il faut comprendre ce qu’on fait, au lieu d’appliquer bêtement des recettes.

Yoast meilleur que les autres ?

Oui et non. Yoast a l’avantage et l’inconvénient d’être un « tout en un » et de devenir, peu à peu, une usine à gaz.
L’avantage est une cohérence dans les réglages, l’inconvénient est un gros bouzin. En réalité, pour ce qui est la base du SEO, c’est à dire la gestion des meta titles, des descriptions et — si vous y tenez — des mots clés, les autres plugins SEO les plus courants font aussi bien.
De plus, Yoast prend certaines options qui me paraissent mauvaises, on le verra en détail.
Enfin, pour le novice (celui qui utilisera LiveOptim), Yoast donne la fausse impression que mettre ses mots clés dans l’url, le title et la meta description est suffisant pour « faire son SEO ». Si certains incitent à la suroptimisation des liens internes, d’autres poussent à la triplette du bourrin.

Les réglages des metas : attention, fausse sécurité

On est là au cœur de ce que doit faire un plugin SEO. Et Yoast propose énormément de choses pour la création des titles automatisés, moins, il faut le dire, pour l’optimisation des descriptions (mais c’est normal).

Pour accéder au détail des différentes options possibles, il faut cliquer sur le petit onglet options, en haut à droite de l’écran, et ensuite sur « Basic » ou « Avancées » pour voir toutes les variables disponibles.

Le petit triangle « Aide » fait apparaitre les onglets détaillant les options

En pratique, malgré tout le soin qu’on peut apporter à ce paramétrage, il faut bien comprendre que, pour les contenus importants, il est essentiel de reprendre les balises meta title et meta description à la main.

Metas pour les articles, pages et custom post types

Le réglage des titres et meta pour les articles et les pages est, en réalité, négligeable. Ce sont, encore plus que pour le reste, les contenus pour lesquels un Title et une meta description adaptée doivent être systématiquement rédigés. Le début de l’article (qui correspond à %%excerpt%% ) ou même un résumé rédigé pour apparaitre dans les archives de catégories d’un site ne peut pas être aussi incitatif au clic qu’une meta description rédigée.

Et pour le title, quelle que soit la combinaison, l’utilisation de Yoast revient à reprendre le titre de l’article (donc le H1 de la page), et, éventuellement, à le rallonger avec des bouts de phrases (titre du site, mot clé, etc) qui seront répétitifs.

Metas pour les catégories, tags, et autres custom taxonomies

Yoast permet de définir un schéma de titrage différent pour chaque type de page d’archive, reprenant le terme ( %%term_​title%% ) au quel on peut rajouter le nom du site, ou n’importe quelle phrase type.

Ce qui est le meilleur moyen de générer des titles redondants !

L’utilisation de la description du terme pourrait être une bonne idée, sauf que peu d’utilisateurs la remplissent, et ce parce qu’elle n’est généralement pas utilisée dans les thèmes. Au cas où elle serait utilisée, on aurait alors le même problème que pour les articles seuls : une description destinée à s’afficher dans un site n’est généralement pas une bonne description pour l’affichage dans les SERPS.

De plus, dans ce cas, Yoast donne une fausse sécurité :  pas la peine de s’inquiéter de ces éléments, puisque le plugin s’en charge !

Au contraire : pour toutes les pages importantes de taxonomies, il faudrait remplir ces éléments à la main. En utilisant la meta-​​box de Yoast, pour des titres et descriptions vraiment personnalisés !

Quant aux autres, ceux qui ne sont pas « importants », doivent-​​ils être indexés ?

L’optimisation des contenus

Yoast va plus loin : il donne un indicateur de la qualité de l’optimisation, à partir d’un « focus keyword », mot clé essentiel de la page, que l’utilisateur doit renseigner en créant son article.

Au moins, cette triplette là a du charme.  (Photo sous licence CC BY par Morgan Brenn sur Flickr)

Pour que cet indicateur soit positif, il faut impérativement que le mot clé soit présent dans le titre de l’article (le H1), l’url et le title… eh oh, Yoast, « de triplette van de nag », tu connais ?

L’optimisation d’un contenu est quelque chose de nettement plus complexe que du « lâcher de mot clé » , et doit prendre en compte l’ensemble de la page et ses liens.

Non seulement le plugin donne, comme avec le paramétrage des metas, une fausse sécurité, c’est pire encore : il « enseigne » une mauvaise façon de faire le SEO.

Le sitemap

L’absence d’incohérences

Le très gros avantage de Yoast, c’est que c’est un des rares (le seul) plugin SEO à permettre de générer un sitemap dans sa version gratuite.

Et le deuxième avantage, c’est que ce sitemap utilise les données renseignées par le plugin au niveau de chaque contenu. En clair, si « les catégories » doivent être dans le sitemap, mais que telle catégorie a été mise en noindex, elle sera absente du sitemap.

Ce qui évite des erreurs.

Les défauts : pas de personnalisation

En revanche, cette même fonctionnalité sitemap a pas mal de défauts, et manque de subtilité par rapport à d’autres plugins (notamment XML Sitemap, un « ancêtre » qui tient toujours la route).

Au delà de ça, Yoast a décidé de ce qui était bon pour vous, de l’unique façon dont un sitemap devait être fait, et ne vous donne absolument pas la main.

Vous aurez donc :

  • un sitemap par type de contenu avec un index de sitemap

Et vous n’aurez pas :

  • la possibilité de gérer les priorités des types de contenu, comme vous l’entendez
  • la possibilité d’inclure d’exclure des images ou des vidéos dans vos sitemaps (à moins de faire un sitemap des medias, mais ce n’est pas la même chose). Même si vous décidez de ne pas inclure les medias dans le sitemap, les images insérées dans les articles sont dans le sitemap « posts ». Les vidéos n’apparaissent pas. (Il y a par contre un plugin premium pour les videos).

Le fil d’Ariane

Une autre fonctionnalité de Yoast plutôt bien faite par rapport à la concurrence, c’est son fil d’Ariane. Pourtant, ce n’est pas vraiment du SEO. C’est un ancien plugin, réintégré dans WordPress SEO.

Pourtant, j’ai testé pour vous, le fil d’Ariane cafouille un peu dans des situations complexes.

La petite option qui fait plaisir

La suppression d’un certain nombre de liens /​ informations inutiles dans le header est une bonne chose.

Ce qu’il ne faut pas utiliser dans Yoast

La page d’accueil des réglages comprend plusieurs options :

  • Une option pour envoyer de façon anonyme des données — ou pas
  • La possibilité de masquer — ou pas– les options avancées
  • La possibilité de mettre les id de vérifications pour GoogleWebmaster Tools, Bing Webmaster Tools et Alexa
  • Beaucoup de pub

Les seules choses que je vous recommande d’utiliser ici, c’est le refus d’envoyer des données (mode parano on, cf LiveOptim) et la possibilité de masquer les options avancées.

Les options avancées vont, au delà des metas et title, permettre de passer par dessus les réglages par défaut (no index, Noodp). Il y a très peu de raison valable pour modifier les paramétrages globaux, et c’est même assez dangereux sur les sites avec beaucoup de contenu : il y a de fortes chances que vous oubliez totalement cette modification.

De toute façons, elles restent toujours accessibles à l’administrateur, en cas de besoin.

Quant aux IDs de vérification, par souci  de discrétion, j’ai tendance à préférer la méthode des fichiers.

Ce qui manque à Yoast

Une gestion fine du noindex

Sens interdit : guider Google avec finesse

La méthode « j’indexe les tags ou les catégories, ou pas », pour laquelle Yoast donne des outils, n’est pas la bonne.

La question qu’on doit se poser, page à page, est plutôt : est-​​ce que cette page a un contenu suffisamment riche et différent des autres pages du site pour que je l’indexe, et va-​​t-​​elle plutôt pousser ou pas les pages les plus intéressantes.

Non seulement la réponse dépend du type de site (il vaut mieux travailler les pages de catégories ou d’attributs sur un site e-​​commerce dont les produits changent souvent, et les pages d’articles sur un blog comme le mien), mais elle dépend aussi de « l’âge du site », ou plutôt de son volume de contenu, et de la façon dont il est géré.

Dans un site jeune, avec quelques articles uniquement, l’indexation des catégories et des tags n’a pas de sens. Ces pages sont trop pauvres en contenu pour avoir un quelconque intérêt.

Sur ce blog, je gère de façon automatisée le no-​​index en fonction du nombre d’articles : au delà d’un certain nombre, une page d’archive a fort peu de chance d’être en duplicate content complet avec une autre ou avec une catégorie.

Mais quelle que soit la façon de faire, on devrait pouvoir voir rapidement, dans l’admin, quels sont les contenus qui sont paramétrés différemment des contenus standard : par exemple, si les tags sont en index dans le paramétrage global, quels sont les tags en noindex ?

Le robots.txt

Alors que Yoast propose une possibilité de modifier manuellement le fichier robots.txt (et le fichier .htaccess), il ne donne pas du tout de listes à inclure, ce qu’il pourrait faire sur la base de ses informations : en gros, tous les éléments en noindex devraient être bloqués dans le robots.txt.

Et ce n’est rien à faire…

Ce qui m’énerve dans Yoast

J’avoue, en plus de ce qui lui manque, Yoast commence à me taper un peu sur les nerfs. Je le trouve de plus en plus intrusif, et cela, à soi tout seul, est une bonne raison d’aller voir ailleurs.

La collecte de données

Que Yoast veuille collecter les données de façon anonyme est une chose.

Que je comprenne pourquoi, et que je sois d’accord en est une autre (peut-​​être que si on m’avait expliqué, j’aurais accepté, mais là je ne vois aucun intérêt et aucun retour à envoyer « des » données (lesquelles) à Yoast).

Ce qui me tape sur les nerfs, c’est que Yoast me redemande à chaque mise à jour de l’autoriser à collecter ces données.

Peut pas comprendre que non, c’est non ?

La pub

La pub est devenue peu à peu envahissante. D’une petite mascotte sympa on est passé à un affichage « fortement visible » sur chaque page de configuration du plugin.

Yoast, je t’aime bien, mais as tu une idée du nombre de fois où je vois ta trombine, ta petite cravate volante et tes Tshirts ?

En plus, honnêtement, je trouve tes nouveaux produits hyper chers.

Le « local search » par exemple, qui consiste en des adresses marquées au format schema.org et une insertion d’un fichier KML dans le sitemap, pour 69$ ? Alors que de nombreux plugins font ça gratuitement, et que j’ai testé l’innefficacité totale des fichiers .kml ?

Quant à sa version premium, franchement je n’en vois pas l’intérêt. En dehors du support, ses deux fonctionnalités sont :

  • les redirections (Quick Page Post redirect fait ça super bien)
  • la gestion des erreurs intégrées avec GoogleWebmaster Tools (qui propose ça dans son propre plugin)

Les footprints

Mais cette pub est omniprésente. Comme de nombreux plugins, tu t’affiches dans l’en-tête, en parlant d’optimisation SEO

Est-​​ce réellement gênant ? A la parano du référenceur qui ne voudrait pas que Google sache qu’il a optimisé son site avec le plugin le plus couramment utilisé sur WordPress, succède le bon sens : il y a tellement de gens qui le font que ça ne peut pas faire de mal.

Néanmoins, la discrétion d’autres plugins est assez bienvenue…

La multiplication des metas vides

Ce qui m’exaspère le plus, c’est technique : au lieu de ne générer des enregistrements dans la table wp_​postmetas que lorsqu’une option est renseignée, Yoast envoie obligatoirement la totalité de ses champs personnalisés, avec un contenu vide quand rien n’a été saisi pas l’utilisateur.

Inutile de vous faire un dessin sur la façon dont cela peut surcharger une table, surtout lorsque, par exemple, l’utilisateur n’a pas accès aux options avancées, et ne les modifiera sur aucun article !

Les bugs

Un joli bug
Photo CC BY Gerald Yuvallos

En multisite, Yoast a des délicatesses de jeune fille qui sont plutôt gênantes, particulièrement en mode sous-​​répertoire.

« Théoriquement », et en particulier si le site principal a déjà un contenu, il est affiché avec le sous répertoire « blog ». Or même si on supprime cela, directement dans la table des options, Yoast continue à considérer que ce sous-​​répertoire est utilisé.

La correction des permaliens, en particulier la suppression de la base de la catégorie, ainsi que l’ajout forcé d’un « /​ » à la fin des urls ne marche pas dans toutes les configurations, et en particulier avec WPML ou avec des plugins comme Single Category.

La désactivation des archives de l’auteur — une très bonne idée en soit — est mal faite : elle renvoie vers la page d’accueil, alors qu’il était extrêmement simple, via un hook, de carrément supprimer le lien sur les fonctions the_​author et the_​author_​permalink. Nettement plus propre, et beaucoup moins difficile pour l’utilisateur qui voit un lien, clique dessus et se retrouve sur l’accueil du blog.

Est-​​ce encore du SEO ?

Enfin, de nombreuses fonctions sont en dehors du scope du « SEO », comme la gestion des données OpenGraph de Facebook, les twitters cards, l’ajout de mentions dans les flux RSS.

D’autres, qui sont des aides réelles au SEO, ne sont pas assez développées. Ainsi la suppression des stopwords n’est absolument pas paramétrable, et fonctionne donc beaucoup moins bien qu’avec d’autres plugins, dédiés, qui vous laissent choisir les stopwords, et les mots courts à conserver.

Faut-​​il utiliser WordPress Seo ?

Depuis quelques mois, j’avoue que j’hésite. J’ai réactivé l’excellent All-​​In-​​One-​​SEO, beaucoup moins usine à gaz, qui se concentre sur les aspects purement SEO et laisse d’autres plugins gérer le reste. Sur d’autres, je teste Platinum SEO, extrêmement simple, mais il fait l’essentiel.

Ces deux plugins n’ont donc pas la cohérence de Yoast, mais ils ont l’avantage d’être beaucoup moins surchargés d’options inutiles. Je ne vois pas de différence majeure dans l’indexation et le positionnement des sites, « au contraire » (mais un vrai test comparatif est impossible).

En tout cas, l’essentiel, si on l’utilise, est de ne pas se reposer sur la machine pour « faire son SEO ». WordPress ou pas, plugin ou pas, le SEO se fait avec ses doigts sur son clavier, à chaque publication.

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